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Mardi 1 janvier 2 01 /01 /Jan 23:14
Nous étions dans le car qui ramenait ma classe d'Angleterre à la France. J'étais assise à côté d'elle. Elle n'était pas une copine, elle faisait même partie des filles de troisième rejetées, classées "bizarres", un peu comme nous toutes en fait. Tout le monde est étrange pour les autres quand on a quinze ans.
Elle s'appellait Rebecca. Une peau blanche et laiteuse, des cheveux blonds tirés en arrière en queue de cheval, de grands yeux bleus. Elle était pas jolie.  Elle portait même des bagues. Elle était pas moche non plus, en fait elle était banale. Elle portait des habits banals, souvent un pull bleu ciel qui revenait sans cesse. Elle m'intriguait cependant car en quatrième c'était la copine d'une fille qui s'appellait Sophie, qui me détestait et me criait dessus dès qu'on se croisait aux toilettes, sans que je n'ai jamais compris pourquoi.
Je la prenais comme ennemie.
Elle s'était assise à côté de moi, la nuit tombait, le professeur d'anglais nous parlait lentement au micro pour nous endormir. Sentir chaque membre de son corps. Visualiser mentalement. Souffler pleinement. Mes yeux fermés commençaient à m'emmener loin.

Elle m'a pris la main. C'était un effleurement chaud. Elle la serrait à peine. Elle l'a caressée et pressée un peu plus. Ma respiration s'est coupée. J'avais une drôle de sensation qui m'envahissait, une plénitude licencieuse. Pas un mot. Le calme nous entourait. J'avais mon nounours sous mon autre bras et le cd de mon petit copain sur mes genoux. Sa main me stupéfiait et me rassurait. Je n'osais la retirer, je l'ai serrée. Pour pas qu'elle parte.
Elle n'était pas ma copine. Elle m'avait parlé gentimment toute la soirée, et regardé avec cet air qui demande quelque chose que l'on ne saisit pas.
Mon esprit s'embrouillait.
J'avais peur, on ne prend pas la main d'une fille que l'on ne connaît pas sans raison.
J'avais peur, j'aimais. Elle a posé sa tête sur mon épaule. Son corps collé à moi était brûlant et fragile. Quand ma bouche s'ouvrait dans un réflexe de relâchement, ses doigts fins se glissaient sous mon menton et doucement elle le relevait.
Je n'ai jamais compris. Ni ce qu'il s'était passé, ni ce que j'avais ressenti. Le lendemain elle m'a regardée avec un sourire, et j'ai fui, je ne l'ai plus jamais approchée de l'année.

Elle m'avait frappée.

J'avais passé toute la nuit dans une fiévreur offusquante à me répéter que je n'étais pas lesbienne, qu'elle n'était pas lesbienne, et que ce n'était qu'un geste affectif pour me montrer qu'elle m'aimait bien. Même si nous ne nous étions jamais parlées en cours.
Elle n'était pas ma copine.
Par Paquette - Publié dans : Sur les routes du sexe
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