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Dimanche 30 décembre 2007
J'aime pas les blogs. Il y a un décalage monstre entre ce que veut montrer/diffuser/faire découvrir le blogueur et ceux qui le visitent. Les visiteurs viennent par un clic et resortent par un clic. Ils effectuent une série de clics dans le seul but de faire passer leur putain de temps, au besoin ils laissent un commentaire vite écrit, vite oublié. Ils aiment bien juger aussi, se sentant un militant anti-con, anti-vulgaire, anti-tout ce que vous voulez.
Les visiteurs s'approprient la vie du blogueur. Ils s'habituent vite aux histoires lancées habituellement par l'auteur. Ils finissent par vouloir gérer cette autre vie, se sentir un acteur important du cursus qu'entreprend le blogueur.

Mon premier blog je l'ai créé en 2004, ça m'a dégoutée de cet étalage soumis aux critiques faciles. Je ne sais pourquoi je ne l'ai jamais vraiment arrêté; il faisait partie d'un forum, et exclusivement de ce forum.
J'ai été dégoutée du net aussi, quand j'avais quinze ans. J'ai arrêté le virtuel et je me suis consacrée exclusivement au réel.
Mais je voulais écrire. Rendre compte de ce tout nouveau monde qui m'excitait.

Le moyen le plus facile était sur internet, le fameux blog. Une interface gratuite, disponible en quelques clics - toujours ces clics - disposant de fonctionalités pré-établies.
Un jour je me suis remise devant le pc. Et j'en suis plus sortie.

Mais je n'aime toujours pas ça. C'est pratique, c'est sensationnel de rencontrer des gens partageant le même centre d'interêt, passant même IRL, In Real Life. C'est un moyen de diffusion ergonomique. Une plate-forme dont on se sert pour se propulser en avant.
Or, dans les 98% des cas, le public n'est pas le public attendu. Il s'abreuve vite-fait de ce qu'il trouve, il revient même, il devient fidèle. Mais il ne sert à rien. Il ne lit pas la moitié de ce que j'écris. Il ne cherche pas la part d'implicite alors que je n'écris qu'en sous-entendus. Il m'énerve. C'est un zombie à qui l'on tend la cuillerée.

Au départ c'était euphorisant. Les commentaires aident à s'investir, continuer, mieux se comprendre. Mais quand le chemin est fait, quand on sait exactement où se diriger, ça en devient gerbant.

J'ai hâte d'avoir mon site, celui que je rêve depuis mes quatorze ans. Ca sera un nouveau départ, de nouvelles règles de jeu. Mon territoire.

Je ne cherche pas la quantité de passagers, mais la qualité. Je sais que je ne peux plaire à tout le monde, j'en suis même soulagée. J'apprécie les gens qui m'apprécient, et je respecte les blogueurs que je n'apprecie pas. Il y a une vie derrière tout ça, une personne.

Le jour où je me sentirai chez moi, je publierai des notes que je juge trop personnelles pour le moment. Je crois que je vais choquer, dans le mauvais sens du terme. Les personnes qui pourront comprendre seront très peu nombreuses. Ma nature va s'aiguiser. On m'aimera ou on m'aimera pas.

Je ne peux me confier à une qualité mais à une quantité, autrement dit je ne peux me confier à une ou des personnes, mais à un amas d'inconnus.
J'arrive plus à me confier.
par Paquette publié dans : Paquette
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